Vas-y, vis ! 

Une voiture qui s’engage dans une rue inconnue.

A l’intérieur, une petite fille qui ne dit rien, mangeant des yeux les kilomètres qui se défilent.

Enfin les murs d’une école qui se dressent.

Le rêve du père qu’il espère voir vivre à travers elle.

La petite fille ne le sait pas encore mais derrière ces murs attendent plus qu’une nouvelle cour de récré ou des cours plus ou moins ennuyeux.

Parce que la vie se définit souvent au gré des rencontres, des gens qui vous tendent la main et vous insufflent l’inspiration.

Et parfois, c’est tout ce qu’il faut. Quelqu’un qui vous met un livre dans les mains et vous dit « Vas-y, vis ! ».

Et ainsi tout commence…

Entre Les contemplations et les jours qui s’écoulent  Dans la maison du père, on apprend l’amour et la mort, et l’appel de la liberté que portent en elles les jeunes filles qui lisent, sur cette moitié d’ile pensée par et pour les hommes.

Commencent à émerger des mots, des convictions. Prolétaire. Féministe.

Viennent aussi des histoires qu’on aime se raconter et de moins belles qu’on se force à écouter. Pour grandir. En attendant d’agir, on échange les Milles et une nuit contre Germinal ou Cœur cousu.

On apprend à sécher ses larmes seule, parce qu’il y a toujours dans le monde, plus pauvre, plus seule que soi, parce que non loin de vous, il y a des petites filles dont on a volé la lumière dans leurs yeux, beaucoup à qui on n’a jamais offert de livres ou qui n’auraient de toute façon pas su les lire.

Finalement, un peu guidée par les émois d’un cœur adolescent, on écrit.

Des poèmes d’amour sans destinataire, des histoires oubliées dans des cahiers d’école.

Et puis, l’histoire écrite au hasard d’une nuit qui apporte une certaine consécration. Des articles dans le journal, des passages à la télé, une folie fugace.

Et puis, le calme. La fin du secondaire.

Des choix difficiles à faire. Un adieu au pays.

Et puis un matin, alors qu’on a seulement 19 ans, un message annonçant une nouvelle chance.

Au milieu de tout ça, le besoin d’écrire, toujours immuable, la tête pleine de causes et de rêves.

Et bien sûr, cette voix qui murmure : « C’est toujours maintenant le moment d’agir ».

Alors, on se lance dans de grands projets, un blog, un club de lecture, une organisation.

On finit par apprendre l’angoisse et l’échec. Comment être à la hauteur de la légende qu’on a créée?

D’autres adieux.

On se perd puis on se retrouve. Doucement. On réapprend à respirer, à recoller les amitiés brisés.

L’engagement, on découvre, est une flamme qu’il faut sans cesse raviver.

Magdalée Brunache

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